Bataille du 18 aôut 1914
Mittersheim, le 16e corps fait front aux Bavarois
Le 18 août 1914, le 16e corps d’armée, opérant à la droite de la 2e armée du général de Castelnau, poursuit sa marche en avant. De Zommange, la 31e division se dirige vers Loudrefing et Mittersheim, plus précisément à l’extrémité du système des étangs qui finit par la nappe dite Gross Mühl Weiher. A sa droite, la 32e division doit maintenir le contact avec la 1ère armée, en opérant en direction de Sarrebourg. Le commandement de la VIe armée allemande observe que cette progression menace sérieusement la brèche entre XXIe corps prussien et le Ier corps bavarois et envoie dès la matinée du 18, sa 7e division de cavalerie sur Loudrefing.
La 1ère division d’infanterie bavaroise de réserve reçoit l’ordre d’envoyer un groupe mixte à Mittersheim qui aura pour mission, d’interdire aux Français de franchir la brèche entre les deux corps d’armée. Le général Kneussl, commandant la 1ère brigade bavaroise de réserve, se conformant aux instructions reçues, ordonne au commandant du 2e régiment d’infanterie bavarois de réserve avec les 1er et 3e bataillons et la compagnie de mitrailleuses de se préparer à attaquer sur Mittersheim et sur Loudrefing.
Le canal des Houillères de la Sarre étant un obstacle pour toutes les armes, il faut s’assurer la possession de la route du pont de Mittersheim tout à l’ouest. Le lieutenant-colonel Hebling lance en hâte la compagnie de mitrailleuses et la 12e compagnie qui atteint rapidement le bord occidental contre la forêt avant la route de Loudrefing. Le 1er bataillon prend la direction de Mittersheim, le 3e bataillon (sans la 12e compagnie) se joint à l’attaque au nord du canal des Salines. Le 2e bataillon est mis à la disposition du commandant de la brigade pour suivre en deuxième ligne sur Mittersheim. Le combat éclate violemment de partout et les pertes se multiplient. Le pont et la route qui mènent à Loudrefing sont les principaux objectifs. Le feu des mitrailleuses du 2e régiment en enfilade occasionne une sanglante récolte.
A 19 heures, le 1er groupe du 1er régiment d’artillerie de campagne bavarois de réserve soutient l’attaque depuis la hauteur nord-ouest de l’écluse 14 et déplace son tir plus profondément dans la forêt. Maintenant les tireurs du 2e régiment d’infanterie de réserve bavarois se lèvent et dans la fureur teutonique passent à l’assaut. Même les blessés se traînent avec. Une heure et demie après le combat, l’assaut sur la lisière du bois avait réussi. Les Français sonnent la retraite et prennent le large à l’abri de la forêt non sans laisser de nombreux morts et de blessés sur le champ de bataille.
La poursuite est immédiate, les détachements, séparément, se dirigent jusqu’à la proximité de Loudrefing. Le soir, le XXIe corps d’armée a repris le village. La localité brûle, cependant le combat s’est tu. Le général Kneussl tenant sa tâche pour remplie ramène ses troupes pour la nuit à Mittersheim. Les pertes du 2e régiment d’infanterie bavarois de réserve se chiffrent à 50 morts et 123 blessés, dont 5 officiers. Le transport des blessés s’est fait en premier seulement à l’aide de voitures tirées par des bœufs, car tous les chevaux avaient été enlevés et effectué par une péniche du canal. Les pertes de l’ennemi sont beaucoup plus lourdes. Environ 70 Français ont été trouvés le lendemain matin seuls en dehors de la forêt dans les premières fouilles. Parmi lesquels, un lieutenant-colonel et trois autres officiers on été enterrés sur place.
Malgré les efforts des artilleurs du 56e régiment d’artillerie commandés par le colonel Sentis, le 142e R.I. appelé pour la circonstance « Régiment des braves » est arrêté dans sa progression. Le lieutenant-colonel Rouhan, 34 officiers et 1200 soldats de ce régiment sont tués. La 31e division lourdement éprouvée doit être relevée.
doc. internet dans "la bataille de Mohrange/Sarrebourg"
lien pour voir les photos de la guerre 1914-1918 autour de Mittersheim

Commentaires
le 09-01-2012 à 09:31:19
Des hulans allemands, qui étaient stationnés à Mittersheim se mirent alors à leur poursuite, mais ils purent s'échapper par le chemin au sud de l'écluse 13 jusque dans la forêt du Hambach qui était occupée par des troupes françaises
le 09-01-2012 à 09:44:38
par le lieutenant Jean (Hans) Berg né le 22 mars 1892 à Mittersheim.
Dans le cimetière de l'Espérance, de nombreuses tombes de soldats français et allemands témoignent encore de cette bataille